Claudie Poinsard est née à Douala, au Cameroun. A l’âge de 3 ans, elle part pour la France avec son père et s’installe à Aix en Provence, chez ses grands parents. Scolarisée en pensionnat religieux dans cette ville, puis à Nice, elle fait ses premiers pas dans le dessin, l’utilisant comme un recours face à l’insondable solitude qui l’habite. Elle vit son adolescence à Paris où elle termine des études secondaires. d’abord chez son père puis dans sa famille africaine retrouvée.
Elle s’installe en Allemagne, travaille pour une compagnie aérienne et découvre le monde. Détournée, elle est confrontée à la mort, revient en France et s’installe sur la Côte d’Azur en 1977.  Elle s’engage dans l’art, suit des cours à la villa Thiole à Nice, se lie d’amitié avec Monique Giresse, Maryvette Meslin et sa fille Marème qui deviendra sa galeriste au Cameroun.
Entrée à la villa Arson en 1978, elle donne sa part au tumulte de cette période où art corporel et peinture s’affrontent. Elle y rencontre François Pluchard, J.P. Vienne, Noël Dolla, Yoko Gunji, Gérard Eppelé, Chave… Ses installations associent culture du déchet et thématique des racines. Son « déjeuner sur l’herbe » est sélectionné pour l’exposition « Germinations Entwicklung » (1982, Paris, Berlin, Hanovre).

En 1982, elle installe son atelier à Cagnes/mer et choisit, contre l’air du temps, la peinture. Entrée à la Galerie Lafrache (1988, Cannes), elle expose avec Anasse, Arman, Coignard, Farhi, Franta, Gaudet, Kaiser, J.J. Laurent, Renard, Sylanasse, Télémaque, Vernassa… Sélectionnée au Salon de la jeune peinture au Grand Palais à Paris (1993), elle participe à de nombreuses expositions et rencontres d’artistes, en galerie comme en musée en Europe  (France, Autriche, Allemagne, République Tchèque, Espagne). Son parcours d’artiste est jalonné de rencontres d’où naissent des amitiés sans faille, avec le sculpteur Stanislas Jeanjeorge dont elle ne cesse de fréquenter l’atelier à Tourrettes sur Loup et d’y accrocher ses dernières toiles; avec Michel Gaudet qui la cite, l’encourage et lui propose nombre de projets ;  avec Gérard Eppelé qui la soutient et l’expose ; avec Per Hansen qui l’accueille à Bargemon;  avec Marème Malong Meslin qui la ramène en Afrique, sa terre natale,  pour une exposition personnelle inaugurale de la Galerie MAM à Douala qu’elle dirige (1995, Cameroun). Cette collaboration passionnée et ce retour sur le lieu de son enfance font choc et s’essaiment en de nombreuses œuvres qu’elle expose sur le continent (Dakar, 1998), à Paris (1999) et sur la Côte d’azur (Menton, 2003).

Poinsard s’anime de laisser vivre son imaginaire, n’hésitant pas à s’écarter des sentiers battus, des voies canonisées de l’art contemporain qu’elle ne rejette pas pour autant. Elle est une inclassable, explorant des directions multiples, s’acharnant à s’extraire de la répétition comme pour préserver cette oriflamme vivante et précieuse qu’est l’acte du peintre. Tout nouveau support  est prétexte à la trouvaille, ainsi son travail ininterrompu : en  gravure, sur eaux fortes ou carborendum (Atelier du Safranier, Antibes, 1993-95) ; en lithographie (Litho art, Vence, 2001-03 ; Blue dog litho, Bargemon, 2006-07) ; tout comme ses illustrations de livres d’artistes (Tipaza, 1995-2006) ou ses volets peints (Biot, 2006)
Ses oeuvres récentes (« Le voile levé », L’art tisse, Valbonne, 2007), nous engagent à décaler notre regard sur la  beauté, support d’un discours normé dont la mode se fait écho. L’esthétique  du corps campée comme harmonie sans faille est ici décomplétée, déstructurée, triturée, pour apparaître comme simple oripeau dérisoire et troué, laissant entrevoir l’affinité que tout désir du beau entretient avec la mort. Ces peintures saisissantes, parfois déroutantes sonnent comme un réveil à qui sait l’entendre…

 

Réalisation : artelook.com© : creation de sites internet et webdesign