Hommage à Renoir UMAM

" Les jumelles, d'après l'avant scène dit la Loge ", Technique mixte sur toile, 195 x 130 cm, 2019
" La fuite, d'après baigneuse au griffon ", Technique mixte sur toile, 195 x 130 cm, 2019

Ces deux tableaux de Renoir que j’ai choisis me paraissent à part dans son œuvre.

Leur lecture est en apparence simple, directe comme un arrêt sur image, la volonté de saisir un moment de la vie sensible patente mais quelque chose d’énigmatique en chacun d’eux retient le regard, implique le spectateur, aiguise son imaginaire.

Le personnage féminin, la femme, y est convoquée différemment et c’est elle qui a retenu mon attention.

Sa position dans la géographie de la toile (au centre d’une diagonale ou en avant plan), ce qui d’elle est révélé dans la représentation, son attitude (sourire crispé, regard flou), me la rendent proche.

Ce n’est pas le Renoir d’un certain art « Joyeux et aimable » même si de nombreux signes de ce qui constituera sa facture singulière sont déjà présents. Ces œuvres semblent réveiller des parties plus obscures de nos fantasmes.

 

Dans sa « Baigneuse dite au griffon – 1870, on retrouve l’attachement de Renoir à une plastique sculpturale du nu, son admiration pour Courbet mais la femme paraît au centre d’une ambiguïté. Elle a une attitude un peu boudeuse, cache son sexe et un doute existe autour de l’identité sexuelle du personnage en arrière plan qui observe la scène qu’elle forme avec un griffon étalé sur la robe sensée la couvrir.

 

Dans la loge – 1874, on retrouve le chatoiement des fines étoffes, « la matière picturale onctueuse, chatoyante, soyeuse et lisse », son admiration pour Manet.

Un homme et une femme au spectacle semblent soudés par la masse blanche striée de noir formée par leurs vêtements mais leurs attitudes divergent.

Le regard de la jeune femme et son expression nous suggère que paradoxalement, elle ne fait pas corps avec son partenaire. Elle semble nous fixer comme perdue dans ses pensées, seule d’autant que l’homme dont elle paraît proche, regarde ailleurs.

 

Ce goût exacerbé de Renoir pour représenter le corps féminin au cœur d’une certaine forme d’insouciance et de volupté, n’était – il pas à la mesure peut être d’une curiosité inquiète et d’une certaine mélancolie ?

J’ai laissé sur quelques esquisses libre cours aux impressions premières et égarements qu’ont pu provoquer ces œuvres sur moi. J’ai inscrit le modelé dans le trait.

Les ébauches que j’ai retenues sont celles où peut-être quelque chose de cette force et de cette fragilité s’énonce.

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